Histoire de Saint-Antoine

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En 1493, le territoire faisait partie de la vicomté de Lomagne qui avait Lectoure pour capitale. Au XIIe, le lieu se nommait Pont d’Arratz en raison du pont romain en bois (alors très rare) construit sur l’Arratz pour permettre au chemin entre Cahors et Lectoure via Auvillar de franchir cette rivière. L’installation des Antonins et du village autour de l’hôpital transforma le nom du village en Saint-Antoine Pont d’Arratz, orthographié en 1493, «Sante Anthonii Pontis de Rats» puis «Sent Anthonii».

 

Deux types de relief et de sol composent le terroir. Au nord-ouest, des coteaux argilo-calcaires légèrement vallonnés et des plateaux en boulbènes ; au sud-est, une belle plaine longée par la rivière Arratz. Les terres sont fertiles et faciles à travailler. Dans les coteaux, les labours font parfois apparaître quelques vestiges pierreux dénotant d’anciens lieux habités ou pouvaient même se trouver des églises (Saint-Martin et La Gleysette).

Une dame de Cazals, femme de noble Gaillard d’Ascor, donna à perpétuité la terre de Cazals et toute la seigneurie dite de Saint-Antoine-de-Pont-d’Arratz aux religieux Antonins desservant l’hôpital. La nouvelle commanderie annexée à celle de Toulouse, ayant des ressources suffisantes, reprend sur de nouveaux plans la construction de son église. Comme l’ordre était composé à l’origine de laïques, il s’ensuivit que la paroisse, quand les religieux l’eurent ainsi fondée, fut desservie d’abord par les vicaires envoyés par l’évêque de Lectoure. Les registres de catholicité, qui datent de 1628 et qui ont été envoyés «de la maison de Toulouse à la commanderie de Saint-Antoine», donnent les noms des vicaires puis des religieux curés jusqu’en 1785, année de leur départ. En 1776, le pape Pie VI supprima l’institution et donna leurs biens aux Chevaliers de Malte, qui restèrent huit ans dans la commune. En 1793, les biens de l’hôpital et de la commanderie devinrent biens nationaux et furent achetés par les paysans. La commanderie fut la propriété du curé Touzery jusqu’en 1966 et vendu par les héritiers à l’artiste peintre Roland Bierge, bras droit de Chagall et qui mourut en 1991. Elle a été la propriété d’un antiquaire américain qui y séjournait une partie de l’année et entretenait fort bien ce bâtiment imposant. Elle appartient maintenant à un antiquaire parisien et est fermée la plus grande partie de l’année, ce qui est dommage pour une si grosse bâtisse qui a besoin d’un entretien permanent.

saint antoine village

Comme bon nombre de communes rurales, la dépopulation a fait son œuvre. En 1836, la commune comptait 479 habitants (appelés Antonins) logés dans 117 maisons. Au début du XXe siècle, la commune vit arriver quelques familles italiennes mais rien n’empêcha la diminution de la population, le délabrement de l’habitat et le départ des jeunes. Depuis 1970, la remise en valeur du village et la vie urbaine font qu’un retour à la campagne s’effectue. La population remonte, surtout ces dernières années, avec l’arrivée de nombreux Anglais qui restaurent le patrimoine. La commune est traversée par le chemin du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Plus de 15 000 pèlerins passent chaque année et 3 000 s’arrêtent au gîte d’étape privé. L’église reçoit de très nombreux visiteurs.

 

Source : Article La dépêche du midi